La contraception masculine, ça existe!
La contraception masculine existe et depuis longtemps.
Même si, lorsqu’on dit contraception masculine, on pense uniquement aux méthodes dites modernes, le retrait et le préservatif masculin constituent des pratiques utilisées par des millions d’hommes et existent depuis longtemps.
Cependant, ces pratiques peuvent être considérées non seulement comme des méthodes de contraception masculine mais aussi comme des méthodes de contraception de couple, partagées et assumées à deux.
Les méthodes de contraception dites modernes existent elles aussi et sont accessibles aujourd’hui en France.
Depuis les années 2000, la vasectomie est légalisée en France. Cependant, geste simple ne nécessitant pas d’hospitalisation, restée longtemps marginale en France (< 1 % des hommes), son utilisation va croissant depuis quelques années (30 000 vasectomies/an en 2022). Notons qu’elle est beaucoup plus courante, et normalisée depuis longtemps, dans les pays anglo-saxons : au Royaume uni et aux Pays-Bas, 15 à 20 % des hommes ont recours à la vasectomie, en Nouvelle Zélande : 50% des hommes de plus de 45 ans. On pourrait aussi citer le Canada, l’Allemagne, et les États-Unis.
Les méthodes de contraception hormonale masculine, expérimentés depuis les années 1950, ne dépassent malheureusement pas le stade de la recherche.
Néanmoins l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a validé un protocole (injection de testostérone hebdomadaire) expérimenté sur 1 500 hommes avec succès, mais n’est toujours pas autorisée comme contraceptif en France.
Rappelons que la pilule pour femmes a été prescrite à des millions de femmes après une seule étude du Dr Pincus sur environ 200 femmes.
La contraception thermique a été expérimentée et développée depuis les années 80 par le Dr Roger Mieusset au CHU de Toulouse.
Depuis, des centaines de personnes ont utilisé la contraception thermique par remontée testiculaire avec satisfaction, et leur nombre va croissant.
Hélas beaucoup de médecins ignorent ces études, et les formations manquent.
Cependant le collège de médecine a désormais un groupe de travail dédié, et un réseau de professionnel·les de santé prescripteurs s’est formé.
La contraception masculine existe aujourd’hui en France. Cessons de dire qu’elle est pour demain.
Si les hommes, les médecins, les pouvoirs publics en acceptent l’idée et la mise en pratique, elle peut être utilisée dès aujourd’hui en alternance, ou en combinaison, avec la contraception féminine et permet le partage des responsabilités et des risques. Elle constitue un facteur de l’égalité femmes-hommes.
L’Association pour la Recherche et le Développement de la Contraception Masculine (ARDECOM) souhaite:
- la mise en place de formations à la contraception masculine pour les professionnel·les de santé ;
- la diffusion d’information sur la contraception masculine dans les centres de planification (ceux du Mouvement Français pour le Planning Familial et les autres) et dans les lieux de formation des adolescents ; la création de consultations de contraception masculine.
- la constitution d’un réseau-relais de médecins prescripteurs en régions.

