Vasectomie


La vasectomie est une méthode très utilisée dans les pays anglo-saxons : le médecin généraliste pratique cette intervention simple de microchirurgie en un quart d’heure sous anesthésie locale. En France, le parcours est un peu plus complexe.

Qui peut utiliser cette méthode ?

La vasectomie s’adresse aux personnes qui n’ont pas ou plus l’intention de procréer.

Légalement, en France, toute personne majeure ayant « exprimé une volonté libre, motivée et délibérée en considération d’une information claire et complète sur ses conséquences » devrait pouvoir obtenir une stérilisation. Nul besoin, en théorie, d’être en couple ou d’avoir déjà fait des enfants. En pratique, il peut s’avérer difficile – mais pas impossible – de trouver un médecin acceptant de pratiquer l’opération. Il est utile de se rapprocher d’un groupe d’entraide qui permet de bénéficier de l’expérience des personnes ayant déjà réalisé l’opération.

Alors qu’en France cette pratique est encore très marginale (moins de 3000 opérations par an, soit environ 0,8% de la population concernée), au Québec, un homme sexuellement actif sur cinq a eu recours à la vasectomie1, et un sur trois parmi les 45-64 ans2. Cette méthode y est choisie au moins quatre fois plus souvent que la ligature des trompes3. A l’inverse en France, les femmes choisissent d’être stérilisée cinq fois plus souvent que leurs partenaires masculins.

En Grande Bretagne ou au Canada, la vasectomie est utilisée par plus de 20% des couples. En Belgique, en Espagne ou en Suisse, la proportion s’élève à environ 8%.

Le plus souvent, cette méthode est utilisée par les couples qui ont satisfait leur désir de parentalité. Leur motivation est alors de libérer la femme des contraintes liées à la contraception. La stérilisation est une intervention chirurgicale beaucoup plus simple chez un homme que chez une femme.

1. http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/sante/etat-sante/sante-globale/sante-quebecois-2014-2015.pdf#page=104 Tableau 8.12
2. https://www.researchgate.net/publication/321081378_Comportements_sexuels_ infections_transmises_sexuellement_ITS_et_usage_de_la_contraception_chez_les_Jamesiens Tableau 10 – p18
3. http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/naissance-fecondite/415.htm

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Quel est le principe de l’intervention ?

Le sperme est essentiellement composé des sécrétions de la prostate et des vésicules séminales. Les spermatozoïdes ne représentent qu’une part insignifiante. Produits par les testicules, ils cheminent habituellement par les canaux déférents. On intervient sur ces derniers pour que le sperme émis ne contienne plus de spermatozoïdes.

Comme les vésicules séminales stockent des spermatozoïdes, la méthode n’est pas immédiatement efficace. Un délai de 2 à 3 mois est nécessaire avant de constater par un spermogramme l’absence de spermatozoïdes dans l’éjaculat.

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La sexualité est-elle modifiée ?

La vasectomie ne porte en rien préjudice à la sexualité.

Le fonctionnement hormonal des testicules n’est pas perturbé, la libido est préservée, les érections ne sont en rien altérées.

On n’observe pas non plus de modifications lors des éjaculations. En effet, la quasi-totalité du sperme est produite par la prostate et les vésicules séminales. Les testicules ne produisent que les spermatozoïdes qui ne constituent que deux à trois pourcents du volume de l’éjaculat. Le sperme conserve la même apparence.

La disparition des contraintes liées à la contraception contribue souvent à l’épanouissement sexuel.

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Quelles sont les démarches à effectuer ?

Votre médecin traitant doit vous orienter vers un urologue qui vous délivre une information claire et complète sur l’opération et ses conséquences. Si vous exprimez alors votre volonté libre, motivée et délibérée, il peut vous délivrer un récapitulatif écrit des différentes informations. Un délai de réflexion de quatre mois est imposé. Vous devrez alors confirmer votre volonté par écrit.

Le médecin n’est jamais tenu de pratiquer cet acte mais il doit vous informer de son refus dès la première consultation.

Le délai de réflexion est le plus long qui soit imposé pour une intervention chirurgicale. En comparaison, il est en général de deux semaines pour une intervention de chirurgie esthétique bien que dans ce cas cette durée ne soit pas explicitement définie par la loi. Évidemment, un tel délai n’existe pas dans les pays où la vasectomie est très répandue.

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L’intervention est-elle risquée ?

Il est important de ne pas éjaculer et d’éviter les efforts physiques importants durant la semaine qui suit l’intervention.

Selon un rapport de la Haute Autorité de Santé1, le taux de complications postopératoires est bas. Les complications sont bénignes (infections, hématomes, douleurs) et la méthode sans bistouri réduit considérablement ces désagréments passagers. Il est exceptionnel de devoir réintervenir chirurgicalement.

Les études menées ne montrent pas à ce jour d’association causale entre le cancer de la prostate et la vasectomie. Il ne semble pas exister non plus d’augmentation des maladies cardio-vasculaires ou de tout type de cancer chez les patients ayant eu une vasectomie dans des études de cohortes rétrospectives.

1. https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/Sterilisation.pdf#page=24 § II.2.1 et II.2.2

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L’intervention est-elle réversible ?

Dans les pays où la vasectomie est pratiquée couramment, on observe qu’il est rare qu’un homme exprime un regret a posteriori : 6% au États-Unis1, 3 à 4 % au Québec2.

L’opération de reconstruction des canaux existe sous le nom de vasovasostomie mais elle n’aboutit à une grossesse que dans 40 à 50% des cas3. Il est également possible de conserver de nombreuses années du sperme à très basse température pour une éventuelle procréation médicalement assistée4.

1. http://sages-femmes.neufmois.fr/news/les-hommes-regrettent-vasectomie-quelle-solution
2. http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/naissance-fecondite/415.htm
3. https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/Sterilisation.pdf#page=26 § II.4
4. https://www.cecos.org/node/4233#Y_a-t-il_une_dur_e_limite_pour_la_conservation___

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La vasectomie est-elle fiable ?

La vasectomie fait partie des méthodes de contraception les plus efficaces1. Aucune méthode n’est fiable à 100%, mais la vasectomie l’est à 99,8%. En comparaison, l’efficacité de la pilule est de 91%, ce qui signifie que pour 100 femmes utilisant cette méthode, 9 connaîtront une grossesse non désirée au cours de la première année d’utilisation. Celle du préservatif n’est quand à elle que de 85%.

La pilule est considérée comme une méthode théoriquement fiable mais en pratique, lors de la dernière enquête menée, 23% des femmes ayant eu recours à une IVG utilisaient cette méthode de contraception2.

1. https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-05/contraception_freins_reco2clics-5.pdf#page=27
2. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/104000047.pdf#page=33 Tableau 6

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Du côté des femmes…

L’association française d’urologie écrit1 :

« Comparée à la ligature tubaire bilatérale, la vasectomie expose à moins de complications graves, et est moins onéreuse. La vasectomie devrait donc être préférée à la ligature tubaire bilatérale dans la majorité des cas. »

La vasectomie est une intervention simple réalisée en un quart d’heure sous anesthésie locale alors que la stérilisation chez une femme nécessite une anesthésie générale du fait d’une intervention plus lourde. C’est pourtant la méthode la plus fréquemment utilisée au niveau mondial. A l’inverse, la vasectomie reste marginale sauf dans quelques pays tels que le Canada ou la Grande Bretagne qui font exception. La France n’en fait pas partie. Bien que la stérilisation soit inscrite dans la loi comme un droit depuis 2001, il est encore plus difficile pour une femme que pour un homme de trouver un médecin acceptant de réaliser l’intervention.

1. https://www.urofrance.org/nc/science-et-recherche/base-bibliographique/article/html/vasectomie-et-chirurgies-contraceptives-deferentielles-aspects-legaux-et-techniques.html#toc-9

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